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COMBAT DES EPARGES
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Ferdinand


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Joined: 14 Jan 2008
Posts: 8
Localisation: 13

PostPosted: 17/01/2008 19:08:59    Post subject: combat des epargnes Reply with quote

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Michel BENOIT


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Joined: 13 Oct 2005
Posts: 196
Localisation: Bagnols sur Cèze (Gard)

PostPosted: 14/02/2008 23:02:30    Post subject: COMBAT DES EPARGES Reply with quote

Bonsoir le forum, ma contribution à ce sujet.
C'est tout frais, je viens d'obtenir ce document dans le courant de la journée. Il y a une évocation de "ne pas faire de prisonniers" qui n'est pas confirmée par le JMO. Bonne lecture ...
Cette relation de la bataille est attribuée à VALLAT, Marius Joseph, menuisier ébéniste, domicilié à Goudargues (Gard), né le 8 mars 1880 à Sabran (30), soldat au 255e R.I. 5e Bataillon, Mort pour la France le 20 juin 1915 au Bois de la Gruerie (51), titulaire de la croix de guerre avec étoile de bronze. Ce soldat est inhumé à la nécropole nationale de Saint Thomas en Argonne (51) tombe n° 2271.



Il écrit :

« 6 avril 1915 combat en offensive fait par le 5e Bataillon du 255e de réserve. Le 5e Bataillon du 255e de réserve fut désigné pour enlever une tranchée Boche de 1ere ligne au lieu dit Bois de la Soulouze . Le 6 avril les dispositions nécessaires furent prises, et nous fûmes renseignés de la mission que nous devions remplir. . Enlever une tranchée Boche de 150 m de long, se porter en avant et résister coûte que coûte en cas d’une attaque brusque de la part de l’adversaire. »

« Récit : Le 6 avril seize heures nous sommes réunis par sections, notre chef nous dit que très probablement nous devions participer à une attaque , et que par conséquent nous devions nous tenir prêts à partir au premier signal. Ce fut dans la nuit du six au sept, vers deux heures du matin que nous fumes réveillés en sursaut, quoique avertis. Notre sergent nous dit « préparez vous nous allons partir dans une heure » nous avons juste le temps de nous mettre en tenue, que l’on nous crie déjà « rassemblement ». On fait l’appel, tout le monde est présent. C’est sous une pluie battante que l’on donne le signal de départ.
Après avoir marché pendant une heure et demi dans une obscurité la plus complète, nous arrivons dans le Bois de la Soulouze. Le point du jour commence à paraître, nous nous arrêtons pour mettre sac à terre, on fait la pause. La pluie continue toujours à tomber, nous restons environ une heure à la même place, profitant de ce moment pour manger un morceau.
Voilà que les ordres arrivent, il faut se porter en avant dans les tranchées de 1ere ligne qu’occupe le 211e de réserve. Chacun met sac au dos, et nous voilà partis gravissant lentement la côte qui était devant nous. Déjà nous sommes trempés jusqu’aux os, l’ensemble nous donne froid, mais qu’importe l’on marche avec résolution. Après avoir défilé en file indienne pendant une demi-heure, nous arrivons en face les tranchées, nous formons les faisceaux et nous mettons sac à terre. Chacun s’installe de son mieux pour se mettre dans les abris, l’on se serre comme d’anchois. Là, chacun cause de choses et d’autres, nous apprenons par nos gradés que l’attaque aura lieu dans la soirée, par conséquent nous attendons avec impatience le moment décisif, tous résolus à ce qui peut advenir. Nous profitons de ces quelques heures qui nous restent pour sécher nos vêtements qui ruissellent d’eau et nous sommes couverts de boue. Le temps s écoule avec une rapidité sans mesure. Il est deux heures ou bien 14 heures. Chaque chef de section rassemble ses hommes. « Le moment est venu » nous dit-il. « Je vais vous faire le résumé de la mission que nous avons à remplir, chacun de nous écoute avec silence. D’abord, la 20e et la 19e Cies doivent enlever la tranchée à la baïonnette, chose qui sera assez facile. La 17e et la 18e Cies suivront à cinquante mètres derrière, aideront si toutefois c’est nécessaire à enlever la tranchée, et puis nous nous porterons en avant pour protéger les travailleurs qui doivent transformer les tranchées pour pouvoir les occuper ensuite. « D’abord» nous dit-il « l’artillerie va faire son feu de trois mille obus sur la tranchée qui a cent cinquante mètres. La durée du tir sera de 45 minutes, et c’est pendant la cononnade que nous devons nous porter en avant ».
« La tranchée... », nous dit-il «.... sera enlevée sans peine, mais se sera très difficile de résister à la contre-attaque qui aura lieu sûrement. Par conséquent, je compte sur vous pour que chacun fasse son devoir avec le plus grand courage. A présent, vous allez vous préparer, brûlez papiers, lettres, tout ce qui pourrait donner le moindre renseignement, et tenez vous prêts à partir à mon signal ».
Il est quinze heures, chacun se prépare de son mieux en attendant le départ. Voici que notre artillerie commence son tir. Il est seize heures, tout le monde sac au dos. Nous prenons chacun notre place, on reste immobile pendant prés de dix minutes, nous sommes sous un vrai feu d’enfer. Le signal de « En avant » est donné, notre Lieutenant nous dit « ...suivez ! ».
Nous avançons doucement, et par bonds de cinquante mètres. Notre artillerie continue son feu, bouleversant les tranchées ennemies. Après avoir parcouru trois cents mètres en terrain découvert, nous nous arrêtons. Notre Lieutenant vient d’être blessé. « Courage mes enfants, nous dit-il, mais je vous suis quand même ». C’est avec un sang froid inouï que nous avançons progressivement. Arrivés à environ cents mètres de la tranchée, notre capitaine crie « Tout le monde en avant ! ». Tous, nous nous dressons, bravant les balles et les obus, c’est au pas de charge que nous arrivons à la tranchée. Les Boches surpris par cette attaque brusque, sont démoralisés, et ne cherchent même pas à se défendre. L’ordre est de ne pas faire de prisonniers, en conséquence on est sans pitié. C’est un vrai carnage. Après ce moment indescriptible, nous sautons la tranchée, et nous nous portons en avant de 150 mètres. Nous sommes dans la formation du combat ligne déployée, en tirailleurs à deux pas. Jusqu’à ce moment nous n’avons pas grand perte, mais voici qu’au bout de demi-heure à peine, notre aile droite est attaquée sur notre flanc ne pouvant exécuter des feux, ne peux résister. En conséquence nous sommes obligés de nous replier devant l’ennemi qui se trouve de beaucoup supérieur à nous. A partir de ce moment c’est une vraie panique. L’ennemi nous inflige des pertes énormes. Chacun s’en tire à sa manière pour rentrer dans nos lignes. Plusieurs d’entre nous abandonnent le sac pour être plus alerte.
Au bout de quelques instants la fusillade est terminée. On entend plus que quelques coups de fusil par çi par là. Il est six heures du soir, les quelques gradés qui restent, des rescapés, commencent à nous rassembler, mais c’est avec peine qu’ils arrivent à nous faire mettre sur deux rangs. La plus part de nous sont égarés. Quelle surprise pour nous, de nous voir si peu nombreux, sur deux cent dix neuf que nous participions au combat, une fois rassemblés, nous sommes soixante neuf présents sur les rangs. On se remet de son émotion, on se demande comment on s’en est tiré, pour ne pas être blessé, ou mort, le hasard ou la chance. On ne sait quoi penser. Voilà que la pluie recommence à tomber, nous sommes méconnaissables. La nuit arrive, nous sommes désorientés, nos gradés ont été très éprouvés, nous n’avons plus qu’un sous-Lieutenant, un sergent, et huit caporaux. Nous passons presque la nuit entière pour rejoindre notre point de départ. En arrivant, nous faisons un bon feu pour sécher nos effets, et puis on essaye de se reposer, mais il nous est impossible de fermer l’œil, brisés par la fatigue et les cauchemars de cette terrible journée, qui, pour nous restera gravée dans notre mémoire.
Le lendemain, on rassemble la compagnie, pour prendre le nom de ceux qui sont présents, chacun donne les renseignements que l’on connaît, sur les blessés, morts ou disparus. Notre compagnie a été des moins éprouvées. Nous sommes au total cent dix neuf qui avons eu la chance pour cette fois ci nous en tirer.
Au rapport du 10 avril, notre colonel fait ses éloges sur la manière que nous nous sommes conduits. Il fait des citations à l’ordre du jour, et fait de nombreuses nominations. Il félicite le 5° Bataillon du 255e pour sa bravoure, son sang froid, et son énergie, qu’il a fait preuve dans le combat du septe avril.

Ardéchois.
_________________
Recherches en cours : 55e RI, 255e RI, 120e RIT, 61e RI, 261e RI. 60e brigade d'infanterie 1914.
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Ferdinand


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Joined: 14 Jan 2008
Posts: 8
Localisation: 13

PostPosted: 16/02/2008 17:01:13    Post subject: Combat des Eparges Reply with quote

Le même sujet:
Lettre du 10 avril 1915
C’est avec le cœur gros d'angoisse et de regret que je te trace ces quelques lignes. Je suis tout brisé et semble sortir du néant. Suis-je en vie, je ne le sais comment. Mon bataillon à attaqué une tranchée boche, nous sommes revenu la moitié de l'effectif. C'était le 7 avril.
Que des camarades j'ai laissé dans la plaine. Pauvres camarades, avoir vécu plus de huit mois ensemble et se voir seul avec quatre autres sur douze que nous étions à l'escouade, six disparus, un blessé. Quant à moi j'en suis sorti sain et sauf, grâce à Dieu. Mon caporal y est resté. Vois-tu c'est affreux. Aucun du pays n'a été tué........... Nous avons été chaudement félicités par le colonel. Je te transmets l'ordre du jour qu’il a fait paraître. Tous nos officiers y sont restés blessés ou tués. Ils blaguaient avec moi cinq minutes avant l'ordre d'attaquer. Nous avons pas mal fait de prisonniers dont les officiers. Enfin c'est passé, seule la fatigue est restée, mais tout cela n'est rien. Rentré dans nos lignes la crampe m'a pris aux deux jambes et impossible de marcher, exténué de fatigue comme jamais j'avais vu. Nous avons passé la nuit sur le terrain et sommes descendu au village où nous allons d'habitude. R...., E.....sont venus me trouver car il s languissaient de savoir ce que j'étais devenu sachant que j'étais parti à l'attaque.

lettre du 13 avril 1915
Je me porte toujours très bien suis robuste comme un cheval et pas encore prêt et à me faire zigouiller par les boches. Je ne puis comprendre comment après tant de fatigue de froid, de pluie etc. ma santé reste si bonne, il faut en effet qu'on est la caboche solide. Donc après nous s'être reposé pendant huit jours, le 7 avril à quatre heures du soir nous attaquions une tranchée boche. Tu aurais vu du pétard, quel enfer, j'avais bourré mes oreilles avec du coton pour moins entendre le bruit. Il faut dire aussi que j'avais fait mes adieux à ce monde et j'avais bien un peu de regret à cause des parents et surtout de toi ma grande chérie. Enfin bref, pluie de balles et d’obus et nous arriverons à la tranchée, qui elle-même été toute bouleversée par le tir de notre artillerie, Messieurs les Boches en en gens prudent s'étaient sauvés en arrière ou nous les prîmes dans leurs cahutes kamarade, françouze, armes et bras en l'air rien n'y fait, on massacre tout. Pas assez fort pour maintenir la position, nous nous retirerons en arrière amenant 27 prisonniers.
L'épreuve fut rude pour nous et nous perdions plus de la moitié de notre effectif tué ou blessé. Sur douze de mon escouade six disparus, ont un blessé et cinq poilus dont j'ai l'honneur de faire partie, ce donc tu ne seras pas fâchée je l’espère, hein ! Qu’en dis tu ? Une de plus, une de moins peu a peu nous nous acheminerons vers la paix et. Maintenant nous sommes au repos réparerons nos forces et attendons de nouveaux renforts. ....... Notre lieutenant si bon pour nous, marchand à l'assaut en riant et sautant le premier dans la tranchée ennemie. Parlons plus
Lettre du 17 avril 1915
Apres huit jours de repos le 7 avril nous attaquions la tranchées après avoir passé une nuit complète à la pluie. Quel moment ! Au point de déboucher en terrain découvert à la rafale d'obus et des mitrailleuses. Enfin nous sortons, notre lieutenant debout au milieu de nous et souriant montrant de sa canne la tranchée Boche ou nos grosses marmites tombaient dru comme grêle . Hé! Çà claque la bas ! Hein! Et en avant, toujours .Nous arrivons à la tranchée extenués de fatigue à bout de souffle, je saute dans un trou d'obus ou je me repose un peu à l'abri des balles, aussitôt ordre est donné de nous replier, n'étant pas assez fort pour garder la position après l'avoir enlevé. Je me rappellerai longtemps le bois d
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Ferdinand


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Joined: 14 Jan 2008
Posts: 8
Localisation: 13

PostPosted: 16/02/2008 17:23:12    Post subject: Suite Reply with quote

Je me rappellerai longtemps le bois de la Selouze.

Pour completer.
Etat de la 20e compagnie après les batailles du 7 avril 1915.(annexé à sa lettre du 10avril 1915)

Lieutenant Giacomoni tué
Sous lieutenant : Orsini blessé
Sous lieutenant : Lubac présent
Adjudant : Belletrux disparu
Sergent Major : Giudicelli disparu
Sergent: Reynaud blessé
Sergent : Palevoisin blessé
Sergent : Benoit disparu
Sergent: Pietri blessé
Sergent : Bouty blessé
Caporal: Crés disparu
Caporal: Sorbier disparu
Caporal: Granier disparu
Caporal: Veyradier disparu

20eme compagnie sur 205 hommes partis à l’attaque ,nous sommes revenus 75à 80 non blessés.
J'ai également les noms des poilus de la 3eme_15 eme et 16 eme escouades.
Que veut dire la mention "Pas au combat: charbonnier"
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