Jacques Didier Guest
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Posted: 10/01/2008 14:27:07 Post subject: Bataille de Lidrezing 19 et 20 août 1914 |
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Bonjour,
Avant de publier ma conférence sur Lidrezing, je commence par un court extrait de l’ouvrage « De Nancy à Nancy via Morhange » d’André Bellard, caporal à la 11e compagnie du 69e R.I,
Journée du 19 août 1914
« Nous sommes entrés dans le bois par le chemin de la Tuilerie. Des chevaux tués depuis peu, dessellés, gisent dans le fossé. A la ferrure, on reconnaît des chevaux allemands. La nuit tombe. Il est près de 11 heures quand nous atteignons la ferme du Haut-de-Koeking, dont les granges, où nous pénétrons, ont leurs murs troués par des obus. Le fermier est venu proposer au capitaine Noël de nous céder toute sa réserve de vin à 20 centimes par litre - un excellent vin dont chacun de nous reçoit ainsi un bon quart.
Devant nous, vers Lidrezing, une fusillade nourrie où se distingue le crépitement de plusieurs mitrailleuses, se poursuit, si constante qu’on évoque je ne sais quelle usine au travail dans la nuit. Sous bois, on perçoit des murmures, des craquements. Notre bataillon est groupé là, en vue, dit-on de l’attaque d’une certaine « cote 343 ». Mais un contre-ordre nous envoie à Sotzeling, cette fois à la disposition de chef de la 22e brigade, en renfort de nos camarades du 37e. Il est passé minuit. Derrière nous, les Allemands se sont rués sur la position que nous venons de quitter et attaquent furieusement – mais en vain – les éléments de la division qui s’y trouvaient à pied d’œuvre. Une immense lueur nous avertit que la ferme brûle…Du moins aurons-nous sauvé le vin.
Mais la nuit s’avance. Marches et contremarches. Le besoin de sommeil devient tel que le tiers des hommes se jettent à terre à la faveur du moindre à-coup, poursuivant une exténuante illusion de repos. Un bataillon du 79e nous a devancés à Sotzeling. Ces nouvelles vicissitudes nous rabattent sur Wuisse, où nous pouvons enfin connaître quelques quarts d’heure de cantonnement sur la bonne paille fraîche. Comme toujours en pareil cas, le sommeil prend le pas sur la faim. D’ailleurs, il ne reste presque plus rien au village ; à mon réveil, ma quête me fait découvrir quelques œufs : une jeune fille m’en tend aimablement une corbeille et j’en accepte un...
à suivre.
Cordialement.
J.Didier |
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